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Après le KO perpétré par Idrissa Seck, Macky Sall est achevé par Ibrahima Sadikh Ndour

Posté par: Alassane kitane| Vendredi 16 février, 2018 18:02  | Consulté 538 fois  |  0 Réactions  |   

Macky Sall sert une réponse procédurale insuffisante et hors sujet

 

Par Ibrahima Sadikh NDour

 

Dans une lettre ouverte courtoise et respectueuse, mais très concise et directe, le Président du Parti Rewmi, Idrissa Seck, a sollicité du Président Macky Sall la publication des détails de l’accord de coopération intergouvernemental (ACI) signé, le vendredi 9 février 2018, entre notre pays et la Mauritanie concernant l’exploitation de l’un des plus importants gisements de gaz en Afrique de l’Ouest. Pour rappel, ce gisement, estimé à 450 milliards de mètres cubes, sera exploité par l’américain Kosmos Energy et la major britannique BP. Le nom du sulfureux homme d’affaires, Frank Timis, est associé aux bénéficiaires de l’importante manne financière qui découlera de cette exploitation.

 

En réponse, Macky Sall a essayé de tourner en dérision Idrissa Seck, en affirmant qu’une telle question démontre la « profonde ignorance » de son auteur du mode de fonctionnement des relations internationales, car l’accord « sera présenté en Conseil des ministres prochainement. Le Conseil des ministres va l’adopter et le Président va l’envoyer au Parlement, qui va l’examiner et en discuter en public ». Puis, il ajoute « l’accord ne peut pas être étalé sur la place publique parce que n’ayant pas encore été promulgué par les instances habilitées ». 

 

Une réponse inappropriée à une demande justifiée

 

Dans l’exposé des motifs de la Loi constitutionnelle n° 2016-10 du 05 avril 2016 portant révision de la Constitution, il est précisé que de nouveaux droits sont consacrés au profit des citoyens notamment ceux relatifs à la gouvernance des ressources naturelles. C’est sur cette base que le nouvel article 25-1 est inséré dans la Constitution. Il est ainsi libellé : « Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie. L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables ». Par conséquent, la demande formulée par Idrissa Seck est tout à fait justifiée et que le Président Macky Sall est tenu d’y répondre s’il est soucieux de conformer ses actes à ses vœux de transparence et de bonne gouvernance en plus de respecter la Constitution dont il est le gardien.

 

La demande formulée par Idrissa Seck est également justifiée, car comme citoyen et responsable politique, il veut s’assurer que le contenu de l’accord prend en compte les intérêts des sénégalais notamment dans ses aspects relatifs au partage des revenus entre les deux pays et les compagnies pétrolières, aux éventuelles exonérations fiscales consenties et aux impacts dans le domaine de l’emploi. Dans cette optique, la réponse du Président Macky Sall, suggérant d’attendre que la loi portant cet accord soit promulguée (après son adoption par l’Assemblée nationale) avant de publier celui-ci, ne paraît pas pertinente. En effet, nous n’avons jamais vu nos parlementaires rejeter ou modifier un projet de loi visant à ratifier un accord international (bilatéral ou multilatéral). Ce qui veut dire que l’accord de coopération intergouvernemental (ACI) signé entre nos deux pays passera comme lettre à la poste et sera promulgué en l’état, c’est-à-dire dans les termes que les Présidents Macky Sall et Abdel Aziz ont convenus. D’où l’intérêt et la pertinence de la demande d’Idrissa Seck, car si les termes de l’accord étaient rendus publics dès à présent, nous (le peuple) pourrions prendre position en connaissance cause, donc exercer un droit que nous tenons de la Constitution en nous assurant que l’exploitation du gaz profitera é nous tous.

 

Une cachoterie qui nourrit des suspicions légitimes

 

Il est tout à fait normal que le Sénégal et la Mauritanie négocient un accord de partage étant donné que le champ gazier offshore de « Grand Tortue-Ahmeyim » (GTA) est à cheval sur nos frontières communes. Par contre, ce qui est à déplorer, c’est la cachoterie qui a entouré les négociations et la signature de cet accord intervenu le 9 février 2018.

 

En effet, c’est seulement le samedi 03 février, lors de son déplacement à Saint-Louis, avec le président Macron, que Macky Sall a révélé l’invitation reçue de son homologue mauritanien. Il avait ajouté que « ce séjour sera utilisé pour discuter avec Mohamed Ould Abdel Aziz de la question liée aux conditions d’exploitation des ressources halieutiques et aux conditions d’octroi des licences de pêche ». Donc, aussi bien la presse nationale (même celle pro-gouvernementale) qu’internationale avaient présenté ce voyage comme un moyen d’apaiser et de relancer les relations tendues entre nos deux pays suite à l’assassinat d’un pêcheur saint-louisien par un garde-côte mauritanien. Ce voyage, ses motifs et l’exactitude des sujets sur lesquels les deux délégations allaient se concerter étaient soigneusement cachés. Même le communiqué du conseil des ministres, tenu le 05 février, n’en a pipé mot. Habituellement, dans tous les communiqués des conseils des ministres, on restitue la communication du Président relative à son agenda diplomatique notamment en informant sur les voyages qu’il doit faire ainsi que les rencontres internationales auxquelles il compte participer. Or, dans le communiqué du conseil des ministres du 05 février on n’y trouve qu’une phrase lapidaire ainsi rédigée : « Le Président de la République a terminé sa communication sur son agenda diplomatique ». Rien sur son déplacement en Mauritanie ! Plus étonnant, c’est dans le communiqué de la Présidence de la République, en date du 05 février, annonçant la participation de Macky Sall au Sommet du Comité permanent Inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel à Niamey qu’on a inséré, au bas de celui-ci, ce paragraphe ainsi rédigé : « Le 8 février, le Chef de l’Etat quittera Niamey pour se rendre en Mauritanie où il effectuera une visite de travail de deux jours à l’invitation de son homologue, S. E. M. Mohamed Ould Abdel Aziz. Cette visite de S. E. M. Macky Sall, à Nouakchott, s’inscrit dans le cadre de la volonté des deux chefs d’État de raffermir les relations anciennes et profondes entre les deux pays, fondées sur les liens historiques et culturels féconds et sur le brassage des deux peuples ». Là aussi, on ne voit nulle trace de la tenue de négociations et, éventuellement, de la signature d’un accord de partage gazier. Pourquoi toutes ces cachoteries ? Que nous cachent Macky Sall et son gouvernement à propos de cet accord ? Ces questions, qui sous-tendent la demande d’Idrissa Seck, démontrent la pertinence de la démarche de ce dernier. Elles révèlent aussi sa perspicacité. Il y a forcément des choses qu’on a nous cachées, nous le peuple, et que lui, Idrissa Seck, est au courant. Faire une lecture au premier degré de sa lettre ouverte ou analyser celle-ci sous la loupe exclusivement politicienne risquerait de nous éloigner des vrais enjeux de la bonne gouvernance de nos ressources naturelle et particulièrement celle du gaz dans le cas qui nous concerne. Je rappelle qu’Idrissa Seck a été Ministre d’État et Directeur de Cabinet du Président de la République. À ce titre, il travaillait en étroite collaboration avec les services de renseignements. Passé Premier ministre, il était le patron des Ministres de l’Intérieur et de la Défense (les 2 mamelles du renseignement). Il est reconnu que toutes les personnes qui ont eu à diriger et/ou à superviser les services de renseignements continuent à y garder des contacts même après leur départ. Ce qui fait qu’ils peuvent toujours avoir des informations de première main que nous (le peuple) ne disposons pas. Pour ceux qui ne me croient pas, ils n’ont qu’à demander un certain Macky Sall, qui même durant sa traversée du désert, recevait des notes et des informations de fonctionnaires (et de certains cadres du privé) bien placés avec qui il était resté en lien discrètement.

 

Ibrahima Sadikh NDour

 

ibasadikh@gmail.com

 L'auteur  alassane kitane
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