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Chroniques de Ndoumbélane 3 : « Rongognou badoolo moy siim céréy bour »

Posté par: Alassane kitane| Dimanche 29 juillet, 2018 13:07  | Consulté 337 fois  |  0 Réactions  |   

"Quand la liberté de parole est confisquée dans un régime de la terreur, la satire devient une arme".

 

Chronique de la semaine du 30/07 au 06/08/18

Tourmenté par son désir de mimer les oiseaux, le roi singe se fit construire un palais suspendu en l’air. Des lianes tissées sevraient de pont d’un arbre à un autre et le roi-singe était heureux d’avoir acquis cette nouvelle pacotille des cimes. Mais il ne s’aperçut guère que les arbres sur lesquels sont fixées les lianes étaient en train de mourir sous l’effet de la sécheresse généralisée qui, comme une malédiction, frappait Ndoumbélane depuis quelques années. Les rares gouttes d’eaux tombées depuis quelques six ans sur Ndoumbélane servaient juste à apaiser la soif inextinguible du roi-singe, de sa famille et de son clan. Tandis que son peuple mourait de faim et de soif, le roi-singe était plutôt occupé à contenter ses maîtres de l’étranger.

 

Les singeries ne font pas du singe une espèce différente, elles sont plutôt une habitude (golo djiko la) disent les wolofs. C’est pourquoi ni les beaux costumes ni les beaux palais ne feront du singe autre chose qu’un singe. Quand un singe devient roi, la justice, l’école, l’économie, bref la gestion de la cité se résume à un arsenal d’artifices et de tartufferies. Les programmes et projets d’un gouvernement de singe ne peuvent pas aller au-delà de la grimacerie et de la gesticulation. Tandis que les autres contrées s’activaient pour poser les jalons d’une véritable rédemption dans le monde animal, à Ndoumbélane, on se contentait de singeries judiciaires, de grimaces politiques, d’espiègleries économiques et financières au lieu de véritables actes de progrès.

 

Dans le folklore sportif le roi-singe, à la quête effrénée de gloire, investit sans compter. Son calcul est simple : puisqu’il est à la tête d’un pays d’amuseurs et de festifs, il lui suffisait de mettre au-devant de la scène les chefs bateleurs et d’entretenir le feu sacré du divertissement pour davantage abrutir et dominer son peuple.

 

 La meilleure façon de dominer un peuple étant de l’empêcher de penser, le roi-singe dédia son quinquennat à l’ingénierie du divertissement. Les investissements tape-à-l’œil ont, entre autres fonctions, de permettre aux maîtres-singes venus d’ailleurs d’exploiter les richesses de Ndoumbélane en toute liberté. Les trains-fusées, les aéroports, les autoroutes, etc. ne sont pas pour la mobilité des populations de Ndoumbélane. Ils sont plutôt destinés à adapter la structure et même la superstructure locales à la volonté des seigneurs venus d’ailleurs. Il ne faut pas que les maitres du roi-singe soient entravés dans le processus d’exploitation du peuple de Ndoumbélane par des difficultés de circulation.

 

 Ce que gagne le roi-signe dans cette sujétion de son peuple à l’étranger, c’est à la fois la garantie de son règne et l’enrichissement de son clan. Derrière tous les investissements des maitres du roi-singe à Ndoumbélane, il y a des actionnaires de sa cour. Il faudra beaucoup de temps et de savoir-faire pour démêler les arcanes du labyrinthe que le roi-singe a tissé dans l’économie de son royaume. (A suivre).

 

Nikita

 L'auteur  alassane kitane
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