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Déficit pluviométrique : et si la nature ironisait avec le régime de Macky ?

Posté par: Alassane kitane| Jeudi 23 août, 2018 13:08  | Consulté 779 fois  |  0 Réactions  |   

 

« Quand on observe la nature, on y découvre les plaisanteries d'une ironie supérieure : elle a, par exemple, placé les crapauds près des fleurs... » Honoré de Balzac

 

L’on se rappelle encore l’énorme blasphème de l’actuel porte-parole du gouvernement au soir de l’élection de Macky Sall en 2012 à la présidence de la république : « Macky Sall falula asaman bi taww na ». La nature aurait été donc enchantée de la victoire de Macky Sall en 2012 et l’aurait manifesté par une pluie hors saison, une pluie de bénédiction. KAWTEEF ! Voilà le type de raisonnement symptomatique d’un narcissisme politique primaire. Mais comme la nature est remplie d’ironie, c’est à la fin du règne de Macky Sall que le Sénégal a renoué avec la sécheresse : pas une seule goutte d’eau durant le mois d’août, réputé pourtant être le plus pluvieux de l’hivernage. Quelle revanche de la nature sous forme d’une énorme plaisanterie !

 

L’entreprise d’imposture a des limites et l’impuissance du gouvernement vient d’être révélée au grand jour. Car face à cette sécheresse le Président de la république, comme à son habitude, improvise : il prétend avoir demandé au gouvernement de prendre des mesures d’urgence pour distribuer des variétés culturales moins exigeantes en besoin d’eau. Non, c’est vraiment le comble de la médiocrité ! Gouverner c’est prévoir, dit-on : les services de la météorologie avaient alerté à temps sur l’irréversibilité d’un déficit pluviométrique cette année. Qu’a fait le gouvernement ? Au lieu de communiquer là-dessus et de prendre à temps des mesures préventives, il a préféré, comme à son habitude, pratiquer la politique de l’autruche.

 

Aujourd’hui que le désespoir s’est emparé des plus optimistes, le régime de Macky Sall invoque le destin et sollicite des prières pour le retour des pluies. Non, ce n’est pas ce qu’on attend d’un gouvernement et, de toute façon, Dieu nous a suffisamment pourvu de moyens intellectuels pour ne plus nous contenter d’une attitude piétiste. Ce n’est pas par la prière que le Sénégal va régler le problème de la sécheresse : nous ne sommes pas plus croyants que les Marocains. Pourtant dans le royaume chérifien, on a apprivoisé la technologie de l’ensemencement des nuages. Du temps des prophètes, l’homme n’avait pas encore acquis la science moderne : il n’avait pas d’autre solution que de s’adresser à son seigneur pour faire tomber la pluie. Nous ne pouvons pas au 21e siècle continuer à compter exclusivement sur les caprices de la nature ou sur les prières pour lutter contre les aléas climatiques. Il faut être sérieux, la pluie provoquée avait été initiée au Sénégal et le principe de la continuité de l’État exige qu’on nous dise où est-ce qu’on est exactement avec ce projet. Il y a eu beaucoup de nuages durant la première quinzaine du mois d’août : qu’est ce qu’on a tenté de faire pour en tirer profit ? Quelle exploitation le régime de Macky Sall a fait des prévisions des services de la météorologie ?

 

« Ce n’est pas avec des prières qu’on va développer le Sénégal » : l’auteur de ces propos sait mieux quiconque que Dieu ne fera pas à notre place ce que nous pouvons faire par nos propres efforts. Les pénuries d’eau et l’inertie du gouvernement face au défi des aléas climatiques montrent que ce gouvernement a échoué de façon lamentable. C’est quand même incompréhensible que malgré les énormes ressources hydriques du pays, l’essentiel de notre agriculture soit encore tributaire de la pluie. Les wolofs disent fort justement « bey ak lamuy rattu kuko yakaar do mandim soow ». Compter avec ce régime pour régler les problèmes de notre pays, c’est vraiment compter avec un grenier vide pour nourrir sa famille. Des forages, même les personnes privées en construisent sans tambour ni trompette : on n’attend donc pas d’un gouvernement qu’il nous tympanise avec des solutions ponctuelles et non structurelles.

 

Cet atavisme politique montre que nous n’avons pas une vision claire de notre avenir, que nous sommes plutôt soumis au péril du pilotage à vue. Pour masquer son impuissance, le gouvernement fait une surenchère communicationnelle sur les forages. Quelle honte ! La problématique des forages était retirée du discours des gouvernnats sénégalais, car c’était devenu une banalité dans les programmes des différents gouvernements. Nous voilà donc retournés à l’image comique de « Monsieur forage » et « Madame Moulin ». Même le régime socialiste avait démystifié cette problématique ! Macky Sall ne sait même pas que le forage est devenu une technologie bon marché : il se gargarise donc de pacotilles ! Qui pouvait imaginer qu’en 2018 le Sénégal renouerait encore avec le discours des forages ? Énumérer des forages à Dakar pour tenter de convaincre qu’on est en train de régler le problème de l’eau dans la capitale !

 

Alassane K. KITANE

Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès

Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

Membre de la commission Stratégies et Programmes de l’IPC/Fippu

 

 

 

 

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alassane kitane
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