Seneweb.com Accueil |   Gerer ce blog   

Discussion et/ou Les deux sens du mot dialogue au Sénégal

Posté par: Alassane kitane| Mardi 05 septembre, 2017 20:09  | Consulté 350 fois  |  0 Réactions  |   

rewmi.com

 

 

Le père de la Nation, Léopold Sédar Senghor, disait dans un aphorisme devenu célèbre, que « le Sénégal est un pays de dialogue ».

 

L’ancien président qui avait ainsi des intentions nobles, sous-entendait, bien sûr, que nous sommes une Nation dans laquelle la principale vertu est le sens du palabre sous l’arbre qui porte son nom. C’est ainsi que nos ancêtres, dans toutes les ethnies qui composent cette Nation, arrivaient à aplanir les incompréhensions et à étouffer les velléités de tension.

 

Cette déclaration du poète-président, très popularisée, n’a pas le même sens pour tous. Pour de nombreux Sénégalais en effet dont beaucoup d’analphabètes, Senghor voulait dire que « le Sénégal est un pays de ruse ». Bien sûr, le Larousse ne l’entend pas de cette oreille, mais transposé en ouolof et non traduit, le mot signifie fourberie, la capacité à induire l’autre en erreur par la manipulation.

 

Comment, en est-on arrivé à comprendre ainsi le mot dialogue ? Je n’en sais rien.

 

Toujours est-il que cette compréhension fait encore aujourd’hui tache d’huile car les appels au dialogue du Président Macky Sall sont  souvent entendus comme une façon de tromper son monde. La preuve, peu de gens y croient.

 

Or, tout le monde sait qu’aujourd’hui, avec les résultats non encore traduits en actes du référendum, beaucoup de questions comme le statut de l’opposition, le chef de l’opposition, doivent être discutées. Il s’y ajoute la problématique sur le fichier électoral, le retrait des cartes d’électeurs, les opposants et potentiels candidats en prison ou en exil.

 

C’est pourquoi, le dialogue nous semble, aujourd’hui, inévitable. Il faut que les acteurs politiques et le principal artisan du processus, c’est-à-dire le Chef de l’Etat, s’assoient rapidement autour d’une table pour discuter de toutes ces questions, sans tabou.

 

Pour cela, comme le suggère Mamadou Bamba Ndiaye du MPS/SELAL, une personnalité ou une commission nommée d’accord-partie, doit être désignée pour se charger d’organiser les concertations.

 

Car, à l’état actuel des relations pouvoir/opposition, tout appel au dialogue sera mal perçu car synonyme d’opération de charme envers l’opinion, la communauté internationale et les guides religieux.

 

Depuis 5 ans, jamais un dialogue digne de ce nom n’a été organisé de nature à lever les malentendus et à apaiser les tensions qui n’ont jamais manqué.

 

Malheureusement, le Parti démocratique sénégalais (Pds) et bien d’autres formations comme le MPS/SELAL ont posé leurs conditions et la réaction hostile des apéristes ne s’est pas fait attendre.

 

C’est dire que nous sommes loin des perspectives de dialogue comme discussions et que la classe politique est encore dans les ruses, manœuvres et autres stratégies de lutte.

 

Or, pour s’en éloigner, il faut que l’opposition soit rassurée et ne donne pas l’impression de tomber dans un piège et que celle-ci ne pose pas de préalables lesquels doivent entrer dans la liste des points à discuter.

 

Comme quoi, pouvoir et opposition doivent, chacun en ce qui le concerne, faire des concessions pour l’intérêt supérieur du Sénégal.

 

Les violences observées lors des législatives méritent une prompte réaction de tous les acteurs afin d’éviter qu’elles n’ouvrent la voie à des troubles graves.

 

Au demeurant, le degré de suspicion et de méfiance est tel au sein du landerneau politique que la stabilité du pays tient à un fil.

 

Pourtant, Senghor était de bonne foi quand il parlait de dialogue. Ceux qui ont compris autre chose se trompent, manifestement.

 

Nous n’avons pas inventé la politique et le machiavélisme n’a été qu’une vision d’un stratège italien qui a réfléchi dans un contexte précis différent du nôtre.

 

Malheureusement, ce sont les disciples de Machiavel qui font légion dans tous les états-majors politiques de tous bords qui asphyxient notre démocratie à en faisant un jeu de compétition permanente.

 

Conséquence, nous sommes en campagne électorale ininterrompue. Aujourd’hui, tous les actes posés par les hommes politiques, y compris la composition des nouveaux gouvernements, celle des nouvelles alliances, n’obéissent qu’à des logiques politiciennes de compétitions électorales futures à gagner, impérativement.

 

C’est pourquoi, ni les uns ni les autres ne sont préparés, psychologiquement, à dialoguer à moins d’entendre par là, des manœuvres machiavéliques pour attirer l’autre dans des pièges.

 

C’est peut-être pour cela que, chez nous, on confond dialogue et ruse.

 

Assane Samb/Rewmi quotidien

 L'auteur  alassane kitane
Une faute d'orthographe, une erreur á signaler ? Une précision á apporter ? Ecrivez moi avec votre info ou votre correction et en indiquant l'url du texte.
Mots Clés: Dialogue politique
Commentaires: (0)

Ajouter un commentaire

 
 
alassane kitane
Blog crée le 19/03/2015 Visité 472610 fois 375 Articles 3261 Commentaires 34 Abonnés

Posts recents
Commentaires recents
Les plus populaires
La nouvelle mode au Sénégal : « Karim m’a appelé » fait le buzz partout
UN AUTOCRATE AU PALAIS
AFFAIRE KARIM WADE : QUAND L’EMOTION PRIME SUR LA RAISON ET L\'ETHIQUE
Non ! La théorie du \"Yërmëndé\" ne passera pas
Nous avons remplacé un « cheval borgne » par un « cheval aveugle »