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L'Agence d’assistance à la sécurité de proximité : Mission dévoyée et effets pervers d’une tare congénitale

Posté par: Alassane kitane| Mercredi 20 juin, 2018 11:06  | Consulté 296 fois  |  0 Réactions  |   

              

Dans cette contribution de haute facture, le commissaire Boubacar Sadio met à nu les failles et les graves tares qui ont dévoyé la mission de l'Agence d'assistace à la sécurité de proximité. Cette agence qui devrait être un appoint à la sécurité nationale est en train de se pervertir de façon inexorable, d'où l'urgence d'une réflexion sur les causes de sa perversion et sur des solutions.

 

 

La sécurité de proximité  a été un choix stratégique de l’ Etat du Sénégal pour une meilleure prise en charge des besoins sécuritaires des populations toujours confrontées à une délinquance croissante et récurrente sur l’ensemble du territoire national .Il y avait urgence et nécessité à réhabiliter la prévention comme mode opérationnel privilégié avec comme philosophie d’ action le souci majeur de rapprocher les forces de sécurité( police et gendarmerie) des populations dans le cadre d’un partenariat dynamique et d’une synergie inclusive.

 

Aussi prévention et proximité devaient-elles constituer  les deux leviers, le binôme sur lesquels s’appuieraient la Police et la Gendarmerie nationales pour une prise en charge correcte et une gestion efficace de la sécurité des personnes et des biens  tant au niveau des centres urbains qu’en zones rurales. Une telle option a été à la base de l’initiative du Président de la république de promouvoir le concept de « GOUVERNANCE SECURITAIRE DE PROXIMITE »qui apparait ainsi comme une rupture paradigmatique dans la politique sécuritaire du pays.

 

Et c’est dans la même logique et dans la même foulée qu’a été mise en place l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité. La création de cette agence a été prématurée dans la mesure où le Comité chargé de la réflexion sur la Gouvernance sécuritaire de proximité n’avait pas terminé ses travaux encore moins déposé ses conclusions sur les axes de réflexions et les schémas d’actions qui devaient orienter les autorités et les pouvoirs publics qu’ au cours d’un Conseil des ministres, le Chef de l’Etat  annonça la création de l’Agence nationale de la sécurité de proximité(ANSP).Et c’est à l’occasion d’un Conseil interministériel  qu’il a été suggéré de revoir la dénomination pour éviter toute confusion avec l’Agence nationale de sécurité(ANS). L’Agence s’est alors vue attribuer la dénomination actuelle : Agence d’assistance à la sécurité de proximité(ASP). L’empressement du Chef de l’Etat été dicté par des considérations d’ordre politique.

 

Un premier projet de décret avait été soumis à l’appréciation des forces de sécurité et d’autres services de l’Etat sur le mode de la circularité ; un projet de décret dont on se demandait si celui qui en était l’auteur maitrisait réellement les réalités  sécuritaires du pays, l’organisation ainsi que les missions des Forces de défense et de sécurité. Ce projet de décret a été totalement rejeté .Et c’est le lieu de dire que ni la Police ni la Gendarmerie n’ont jamais souscrit à l’idée de mettre en place l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité. Les deux institutions avaient plutôt préconisé le renforcement des moyens logistiques et l’accroissement des ressources humaines. Mais en républicains loyaux les Policiers et les Gendarmes se sont soumis à la volonté du Président de la république de voir la réalisation de ce projet sous son magistère. Ils ne pouvaient dès lors qu’accompagner la nouvelle vision du locataire du Palais.

 

Aujourd’hui, et c’est vraiment très malheureux de le constater, l’Agence, en tant que structure d’appui dédiée exclusivement à la prévention et à la proximité, n’a jamais su ni pu exécuter correctement ses missions encore moins atteindre les objectifs qui lui ont été assignés par l’Etat. Plusieurs raisons expliquent la carence, l’échec de l’agence  d’assistance à la sécurité de proximité.

 

 Il y a d’abord, et on n’aura jamais de cesse de le souligner, le rejet du projet par les principaux concer[u1] nés, en l’occurrence la Police et la Gendarmerie qui n’ont jamais voulu de l’agence et qui n’étaient point disposées à céder une part de leurs  prérogatives. Nous revient à l’esprit cette  exclamation d’un Colonel quand à un moment donné on  avait envisagé de créer une Cellule à laplace de l’agence : « enfin l’agence est morte de sa belle mort » La greffe a du mal à prendre. Il suffit tout simplement d’évoquer les multiples cas de relations conflictuelles entre les ASP et les membres des forces de sécurité qui manifestent une certaine condescendance vis à vis des premiers considérés comme des intrus dans un domaine réservé. L’humiliation a souvent été le lot des ASP.

 

Il y a aussi, comme précédemment souligné, la précipitation qui a prévalu dans la création de l’Agence et ce, pour des raisons politiques qui faisaient fi des règles élémentaires de prudence, de précaution et d’objectivité. L’impératif de l’agenda était de tout faire pour qu’à la date du 31 Décembre 2013, à l’occasion de son adresse à la Nation, le Président de la république annonçât la mise en place de l’Agence et la création de 10 OOO emplois pour les jeunes.

 

Le recrutement s’est allégrement affranchi de quelques règles d’orthodoxie et de certains principes. C’est le lieu de préciser que les effectifs de l’Agence n’ont jamais atteint dix mille agents. En Mai 2016, suite aux licenciements et aux démissions les effectifs se situaient aux environs de 7000.Les critères de sélection n’ont pas été respectés de manière rigoureuse. Parmi ces critères il y avait la référence docimologique qui exigeait de tout postulant qu’il fût au moins titulaire du Certificat d’études primaires et élémentaires (CEPE).  , Quelques semaines après l’ouverture des dépôts de candidatures, il a été constaté que dans une localité où résidait un ministre dont nous tairons le nom, il n’y avait pas beaucoup de candidats. C’est alors que l’exigence du diplôme a été supprimée pour permettre à tout venant de postuler. L’Agence a démarré avec dans ses effectifs près de 3000 illettrés qui ne savaient ni lire ni écrire en français langue officielle de travail. Comment ceux –ci  pouvaient –ils suivre les enseignements ? Durant la formation ils croisaient les bras et se contentaient d’écouter sans absolument rien comprendre. Il ne saurait être question de compter sur eux pour des rapports ou des comptes rendus.

 

Il y a lieu de signaler que certaines autorités ont bénéficié de quotas, des éléments  et des listes sont à disposition. Des candidats ont été recrutés à partir d’une chambre d’hôtel à Saly Portudal. Ce n’est pas le lieu de citer les autorités bénéficiaires encore moins le nom du jeune informaticien chargé de prendre contact avec certains protégés et ce en notre présence. D’ailleurs l’informaticien en question a été le premier à être remercié de l’agence. Il n’est point nécessaire d’insister outre mesure sur ces cas de favoritisme et de népotisme avérés. Seulement il est bon de noter que certains candidats qui s’étaient vu attribuer des diplômes qu’ils n’avaient pas ont été démasqués au niveau de la direction des ressources humaine de l’agence quand il a fallu constituer les dossiers individuels.

 

La formation aussi a obéi  à la logique de la précipitation et de l’empressement. Le temps de la formation a dû être raccourci pour les raisons évoquées supra. Le spectre entre les différents niveaux d’instruction était tellement ample que cela posait des problèmes pédagogiques et didactiques. Dans une des régions du pays des jeunes ont été contraints d’abandonner leurs troupeaux ou de délaisser les travaux champêtres pour rejoindre l’agence. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’à l’issu de la formation et de retour dans leur localité, certaines autorités administratives avaient cru devoir les utiliser pour l’entretien de leurs maisons et de leurs troupeaux de bovins d’ovins et de caprins. Les ASP ont servi de cuisiniers  (comme à Fatick) de chauffeurs, de plantons, de jardiniers de garçons de courses etc. La direction générale a dû réagir avec vigueur pour faire cesser de telles pratiques non conformes au statut des asp. Il faut reconnaitre que l’agence avait quelquefois les allures d’une société d’intérim chargée de combler des déficits de personnels.

 

Le déploiement a constitué un véritable casse-tête pour l’agence qui, pendant plus d’un an n’a pu ni stabiliser ni maitriser ses effectifs. Les raisons en étaient multiples et il serait très fastidieux de les énumérer d’autant que l’on pourrait être amené à parler de détails d’aucune utilité pour l’information du public. Néanmoins il faut signaler pour le déplorer le micro management du directeur général qui a été à l’origine de beaucoup de disfonctionnements et d’impairs.

 

Les missions de l’agence sont les suivantes :

 

·         Participer à l’élaboration et à la mise en œuvre en rapport avec les différents acteurs (la Police la Gendarmerie…) du Plan National de Prévention et de Lutte contre la Délinquance (PNPLD)

 

·         Participer à la mise en place de Contrats locaux de sécurité en relation avec les Comités Départementaux de préventions et de lutte contre la délinquance (CDLPD)

 

·         Assurer le recrutement la gestion des assistants à la sécurité de proximité et leur déploiement pour emploi au niveau de la Police, de la Gendarmerie et autres structures de l’Etat.

 

·         Elaborer des règles de déontologie d’éthique et de discipline dans le domaine de la prévention pour les assistants.

 

·         Préparer et promouvoir toutes études et réflexions relatives au développement des activités de police de proximité notamment dans le domaine de la prévention.

 

Pour l’heure, le Sénégal ne dispose pas d’un plan national de prévention de la délinquance et quant aux contrats locaux de sécurité pas un seul n a été établi sur l’ensemble du territoire national. Il n’existe aucun corpus législatif ni réglementaire pour l’organisation des nouveaux dispositifs territoriaux. La Loi d’Orientation sur la Sécurité Intérieure (LOSI) qui aurait pu servir de vision stratégique en matière de sécurité publique et mise en place d’une nouvelle architecture de sécurité intérieure ne semble plus d’actualité. En les adaptant au contexte sénégalais ces dispositifs territoriaux en tant que instruments de gestion de la sécurité publique auraient permis un meilleur encadrement des activités de l’agence et de ses agents.

L’agence d’assistance à la sécurité de proximité  n’est jusqu’à présent pas entrée dans son « cœur de métier ». Elle a été créée pour favoriser une humanisation des services de police et des unités de gendarmerie notamment les commissariats de police et les brigades de gendarmerie ou les asp. devraient se charger de l’accueil, de la sensibilisation, de l’information et de l’orientation des usagers.

 

Il fallait ensuite investir les quartiers, aller vers les populations pour développer un partenariat profitable, utile et dynamique à travers des contacts réguliers dans des plateformes formels ou informels d’échanges et d’interactions. Les relais sociaux de base (ASC, organisations communautaires, conseils de quartier, chefs religieux et coutumiers, autorités locales…) devraient être les interlocuteurs privilégiés de l’Agence par l’intermédiaire de ses éléments sur le terrain.  Les ASP auraient dû développer les différentes formes de surveillance de la voie publique et plus particulièrement l’ilotage qui permet un contact personnalisé et direct avec les populations. Ne dit-on pas que la proximité brise le glacis de l’altérité ? Aujourd’hui il faut le constater pour le déplorer les populations perçoivent les ASP comme des agents répressifs par conséquent répulsifs alors qu’ils auraient dû être considérés comme des éléments de conciliation et de réconciliation, des médiateurs entre les forces de sécurité et les populations. Les ASP ont échoué dans leur rôle d’interface entre deux groupes traditionnellement méfiants l’un de l’autre.

 

Les ASP sont utilisés pour effectuer des missions qui sont loin d’être des taches originelles et officielles pour lesquelles ils ont été recrutés et la plupart des ASP par complexe se plaisent à jouer aux policiers ou aux gendarmes. Ils sont d’autant plus encouragés à ces comportements déviants qu’ils sont quelquefois  employés  à des missions que ne leur permet pas leur statut. Les ASP sont des civils qui n’ont aucune compétence judiciaire, aucune force coercitive, en somme ce ne sont pas des agents d’autorité. La faute incombe à la fois aux services récipiendaires et à la direction générale de l’Agence qui assure leur formation et qui doit veiller à leur utilisation conformément à leur statut. C’est effarant de voir des Asp. dans des opérations de maintien de l’ordre équipés de boucliers et autres accessoires. Des Asp. sont intégrés dans des brigades de recherches ;certains ont accès à des documents qui peuvent faire l’objet de falsifications .Nous dénonçons ces pratiques sur la base d’éléments probants non point par volonté de nuire mais surtout et par-dessus tout par un réel souci de faire respecter l’orthodoxie ainsi que le respect et la conformité aux textes. Sur ce plan il faut reconnaitre et admettre qu’il y a plus de rigueur au niveau de la Gendarmerie ou la hiérarchie s’emploie à faire observer une nette démarcation pour ne pas laisser subsister le moindre doute ni favoriser la moindre occasion dont un Asp. peu scrupuleux pourrait profiter pour commettre un acte répréhensible à même d’entamer ou de nuire la réputation de leur institution.

 

Au niveau de l’Agence à la sécurité de proximité, la rhétorique  sur l’emploi semble prendre le dessus sur la véritable mission de sécurisation des populations. On se focalise outre mesure sur l’emploi, la formation professionnelle et la réinsertion alors que l’objectif fondamental, l’essence de la mission, la raison d’être est de contribuer de manière visible et efficace à la lutte contre la délinquance. L’Agence n’a pas pour vocation la réinsertion des jeunes dans le tissu économique. L’Agence n’a guère été visible ni même sentie quand les enlèvements et les meurtres d’enfants défrayaient les chroniques, quand l’émoi s’était emparé des populations et quand les autorités subjuguées étaient à la recherche de solutions adaptées et performantes. Peut-être qu’une politique judicieuse et efficace de déploiement dans les quartiers notamment dans la banlieue aurait permis une meilleure surveillance générale et une présence plus dissuasive.

 

Le concept de « quartiers surs » est une bonne idée en soi. Malheureusement il pèche dans son application et dans sa traduction. Dans sa réalisation actuelle, il constitue une violation flagrante du principe d’égalité des citoyens devant les charges publiques. En effet, il faut payer pour bénéficier des services de l’agence qui facture pour chaque ASP sollicité  un certain montant (entre 30000 ET 60000 Frs) très loin d’être à la de nos populations notamment celles de la banlieue qui vivent dans une misère permanente. C’est une forme de discrimination instaurée entre les quartiers huppés et les quartiers pauvres, les citoyens nantis et les citoyens impécunieux. Une telle perversion dans la distribution inégalitaire  du produit sécuritaire favorise l’existence d’enclaves bien protégées au détriment des masses populaires laissées en rade, à la merci des délinquants et des criminels.

 

L’Agence a également failli dans la mise en pratique de son crédo fondé sur le civisme et la citoyenneté. Aucune action significative ni d’envergure n’a été entreprise à l’échelle nationale ni même au niveau local pour la formation et la sensibilisation des populations à ces deux notions. Le socle de la sureté est dans la citoyenneté elle-même, un ensemble indissociable de droits et devoirs. La Police ne peut se substituer au lien social. D’ où l’importance de l’éducation à la citoyenneté en amont de tout effort de prévention. Malheureusement le constat d’échec est patent. L’Agence n’a ni les moyens ni la ressource de qualité nécessaire et suffisante pour exercer cette prérogative.

 

L’agence d’assistance à la sécurité de proximité est une grosse structure qui évolue dans le domaine très sensible et très délicat de la sécurité publique. De par ses effectifs c’est l’équivalent de dix(10) bataillons. Pour la diriger efficacement, en sus d’être un bon manager, il faut bien connaitre l’organisation et les missions des forces de défense et de sécurité, avoir une densité cognitive théorique assurée (pas une connaissance livresque), un vécu professionnel éprouvé, une pratique de terrain avérée, une bonne expérience opérationnelle, une bonne assise conceptuelle et enfin une bonne maitrise de la stratégie.

 

A tout prendre, il faut initier une véritable réorientation stratégique  de l’agence d’assistance à la sécurité de proximité par une redéfinition de ses missions. Cela induira nécessairement de nouvelles options dans le déploiement tactique. L’agence a d’avantage privilégié la proximité institutionnelle au détriment de la proximité communautaire. Les populations ont pâti de cette orientation en porte à faux avec les objectifs fixés. Les paradigmes sécuritaires ont connu beaucoup de mutations et une translation s’est progressivement opérée en mettant l’individu, le citoyen au centre des préoccupations sécuritaires.

 

A ce jour l’agence d’assistance à la sécurité de proximité a couté près  de 40 milliards de FCFA aux contribuables pour des résultats très en deçà des attentes.

 

Tout récemment l’Agence avec l’aide de certains partenaires  a présenté la cartographie de la délinquance dans certaines localités. C’est un travail à saluer et à encourager ; seulement il pèche par son caractère parcellaire qui ne peut permettre une exploitation efficace pour la mise en place d’une stratégie nationale. Et connaissant la philosophie et le mode de fonctionnement de la Police et de la Gendarmerie je doute fort qui puissent utiliser cette étude comme référentiel. Contrairement au discours qui est constamment développé par les responsables de l’Agence ces deux institutions connaissent et maitrisent la géographie de la délinquance dans leurs zones de compétence respectives L’initiative de l’Agence fait certes partie de ses missions ; mais la priorité et l’urgence sont ailleurs. Il faut non seulement travailler sur les textes devant organiser les dispositifs territoriaux mais étudier de manière très professionnelle et revoir le déploiement des asp sur le terrain pour une contribution véritable et efficace dans la lutte contre la délinquance. L’Agence doit se faire un devoir de renverser la tendance et la perception très négative de l’opinion sur leur utilité.

 

On ne saurait terminer  sans condamner de la manière la plus ferme, la plus rigoureuse et la plus énergique, le comportement hideux et honteux de l’ASP tortionnaire qui a déversé sa furie bestiale sur de pauvres femmes en situation de handicap. C’est un spectacle plus que désolant qui donne froid au dos et jette le discrédit sur l’ensemble des porteurs d’uniformes. Au Sénégal nous pouvons savoir qu’il s’agit d’un ASP et que ce n’est ni un policier ni un gendarme ; mais ailleurs l’uniforme qu’il porte pourrait facilement induire en erreur et constituer un identifiant d’appartenance aux forces de défense et de sécurité.        

 

Autant il faut  condamner la brutalité de l’ASP de la même manière il faut se désoler de la passivité complice des agents de police qui l’encadraient. La violence gratuite, la brutalité et l’emploi intempestif, exagéré et incontrôlé de la force physique sont le propre des hommes faibles sans assurance. Et souvent des membres des forces de l’ordre en usent pour exprimer une autorité défaillante ou une incapacité à transcender les contraintes inhérentes à leur profession ou dominer l’instinct bestial qui sommeil dans le tréfonds de tout être humain.

 

Aux membres des Forces de défense et sécurité ainsi qu’aux Auxiliaires et asp. servant au sein de ces forces, il y a lieu de rappeler avec force les dispositions de l’Article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et l’Article 7du Pacte international des droits civils et politiques qui stipulent : « NUL NE SERA SOUMIS A LA TORTURE NI A DES PEINES OU TRAITEMENTS CRUELS ,INHUMAINS OU DEGRADANTS ». C’est un devoir, une obligation voire un impératif déontologique et éthique pour les membres des Forces de sécurité d’ériger le respect des Droits de l’homme parmi les règles cardinales de leur crédo professionnel. Les Droits humains permettent à chaque individu de développer et d’utiliser ses qualités, ses talents, sa conscience et de satisfaire ses aspirations spirituelles, matérielles et autres. Les Droits humains reposent sur l’exigence affirmée de l’homme de voir respecter la dignité et la valeur inhérentes à chaque être humain.

 

Pour l’heure il y a nécessité à civiliser les rapports très tendus entre les Forces de l’ordre et les populations suite aux événements malheureux survenus ces temps –ci. De part et d’autre l’on s’efforcer de bien comprendre qu’il doit forcément y avoir une interrelation et plusieurs niveaux d’interactions entre hommes de tenues et civils dans la mesure où nous appartenons à la même communauté et partageons les mêmes environnements sociaux et matériels.

 

Quant à la Direction générale de l’Agence, elle a fait montre de ponce-pilatisme  en soutenant qu’elle n’a fait que recruter et former l’agent fautif. Ne serait-ce qu’à ce titre sa responsabilité morale est engagée. Elle semble rejeter la faute à la Police nationale utilisatrice de l’agent. La direction aurait dû condamner l’acte et s’en désoler en présentant ses excuses à la victime et aux populations ne serait-ce que par solidarité humaine. Le Procureur s’est saisi sur le plan pénal, et qu’a fait la direction de l’ASP au niveau administratif ? Le comportement de l’asp. ne résulte-il pas d’une formation défaillante ? Il faut savoir assumer et s’assumer.

 

Aux autorités de la Police et de la Gendarmerie nous ne saurons que suggérer d’intégrer dans le cursus de formation un module portant sur les droits de l’homme et les libertés fondamentales et en faire un enseignement doté d’un  coefficient majeur. Aujourd’hui le curseur de la sécurité connait une translation qui met le citoyen au cœur de l’action des acteurs. L’individu devient le centre des préoccupations et politiques sécuritaires des pouvoirs publics. Le citoyen doit bénéficier de tous les égards de toutes les attentions de la part des pouvoirs publics et plus spécifiquement des membres des Forces de sécurité dépositaires de la violence légitime dont ils  pourraient avoir la fâcheuse tendance à abuser.

 

Aux personnes éprises de paix, de justice, de droit et imbues de principes axiologiques de haut standard nous réaffirmons notre très profonde désolation et exprimons notre grande  et sincère compassion à la victime de cette barbarie inqualifiable d’une époque éculée. A toute la communauté des personnes atteintes d’un handicap nous présentons nos humbles excuses et manifestons notre solidarité.

 

                                              

 

                     Dakar le 14 Juin

  Boubacar SADIO, Commissaire divisionnaire de police de classe exceptionnelle à la retraite, Ancien directeur général adjoint de la police nationale

 L'auteur  alassane kitane
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alassane kitane
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