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Liberté de presse et responsabilité : ETHIQUE DANS L’ART DE FAIRE LA « UNE »

Posté par: Alassane kitane| Dimanche 28 mai, 2017 09:05  | Consulté 270 fois  |  0 Réactions  |   

                    ETHIQUE DANS L’ART DE FAIRE LA « UNE »

 

Par Jean Meïssa DIOP

 

Une éthique du titre ? Oui, pourquoi ne pas souhaiter que le journaliste ait du scrupule au moment de faire sa titraille (ainsi qu’on désigne l’ensemble des titres à la une d’un journal) ? Que le journaliste ait du scrupule veut dire qu’il pense plus au lecteur qu’aux préoccupations commerciales d’un titre qui fait acheter, mais qui, pourtant, est au seuil du vide, s’il n’est pas lui-même ce vide.

 

Trop souvent, des lecteurs se plaignent d’avoir eu à acheter un journal dont un des titres était formulé avec tellement d’expertise que le lecteur n’a pu résister à l’envie d’acheter et d’aller découvrir une information qui, malheureusement, ne s’arrête qu’au titre. En d’autres circonstances et lieux, ça se serait qualifié d’‘’arnaque’’.

 

Mais, c’est finalement à son corps défendant que le journaliste titre ses articles annoncés en une de manière si aguichante qu’on sent là que c’est une expertise qui lui a été inculquée par ses propres formateurs, j’allais dire sa profession. Et c’est ce qui vous marque, vous suit dans la rédaction, jusque dans la formulation de la titraille ; pour que cette dernière ne soit rien (ou fasse autre chose) d’autre que de la mousse destinée à inciter le lecteur à acheter. Pas de scrupule à se faire, ni d’intérêt du lecteur à prendre en compte. Certes, la fonction primaire du titre est d’accrocher, d’intéresser le lecteur, mais pas de l’induire à acheter ou lire un article qui ne lui apprend rien. L’information a un prix, mais il faut que ce prix soit juste, voire licite.

 

Des titres trompeurs, on en a tellement lu dans la presse en-ligne suite au décès de Serigne Saliou Amar fils du milliardaire Cheikh Amar. ‘’Tout ce que l’on sait de la mort de Saliou Amar’’. La déception sera d’une immensité à l’aune de la fébrilité mise à aller découvrir des révélations et des explications, ‘’le comment du pourquoi’’, qui n’en auront pas été du tout. Dans l’article, rien que le lecteur ne connaisse déjà sur la mort d’un jeune homme lui aussi promise à une vie de milliardaire, tant fut sincère le désir de son père d’en faire son continuateur.

 

D’autres titrailles ont annoncé ‘’Comment est mort le fils du milliardaire…‘’ Même si on a déjà été plusieurs fois victime d’une titraille exagératrice, il est difficile de résister à un titre du style de ‘’comment est mort… ‘’

 

‘’Tout ce que l’on sait de la mort de Serigne Saliou Amar, fils du milliardaire sénégalais Cheikh Amar, décédé en France d’une courte maladie, selon la Rfm’’ est plus excusable. Parce qu’il peut vouloir dire que le journal livre tout ce qu’il a sur le sujet et ne dispose pas d’autre chose. Cette perception sous cet angle lénifie plus qu’il n’accable. Mais, il y a ce ‘’tout ce que l’on sait ou faut savoir’’ et qui veut dire que le journal a fait son propre tour de la question et se positionne en imbattable. C’est pourquoi, je ne suis pas d’accord avec beaucoup de radios (à commencer par Radio France internationale) qui aiment dire ‘’voilà tout ce qu’on peut dire sur ce sujet, cette affaire’’. Je dis que cela est faux et archifaux ! C’est l’angle de traitement qu’on a choisi qui vous donne le sentiment d’avoir traité l’information dans tous les aspects possibles. Pourtant, malgré l’illusion d’exhaustivité que l’on se fait de son propre traitement d’une information, il peut rester un aspect (si minime soit-il) à présenter des faits.

 

Post-scriptum : Où est Me El Hadj Diouf dans toute cette intronisation controversée d’un Bour Saloum ? Il revendique le titre de descendant du roi du Saloum et la presse s’en fait l’écho et lui concède ce statut et cette stature. La presse semble avoir un faible pour ce boulimique des médias qui le lui rendent bien, d’ailleurs. Cela aurait été une occasion d’entendre ce fils de Bour Saloum sur ce qu’il sait de ces tiraillements autour d’une succession et d’une intronisation d’un chef traditionnel au Saloum. Rfm s’est néanmoins bien sortie en faisant intervenir deux sources de choix, deux membres de la famille royale au français (soit dit en passant) châtié.

 

Par Jean Meïssa DIOP

 L'auteur  alassane kitane
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Mots Clés: Liberté de presse
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alassane kitane
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